Véritable chef-d’œuvre architectural, la Cathédrale du Sacré-Cœur était un lieu de culte pour la communauté catholique lorsque le Maroc était encore sous protectorat français. Le projet s’inscrivait alors dans la volonté coloniale de doter Casablanca d’une allure de capitale. Conçue par l’architecte Paul Tournon, lauréat du prix de Rome ayant signé de nombreuses églises en Europe, l’édifice est un mélange de style gothique et d’inspiration Art déco. Entourée du vaste jardin public du parc de la Ligue Arabe, la Cathédrale ne laisse pas indifférent et force l’admiration. En effet, avant même de pénétrer dans l’ancien sanctuaire, la façade nous interpelle avec ses deux immenses tours rectangulaires flanquées d’arcs-boutants décoratifs, construites en béton coulé. Leurs toits, ouverts au public, offrent une vue panoramique absolument fantastique sur la ville et l’océan Atlantique ! À l’intérieur, la nef voûtée en anse de panier forme un ensemble de onze travées s’élevant chacune sur deux niveaux. Quant aux arcades centrales, elles composent la partie inférieure, elle-même surmontée d’une succession de baies ornementales étroites. Prendre également le temps de contempler les grandes baies rectangulaires qui filtrent la lumière du jour à travers des vitraux modernes aux teintes passant du rouge vif au bleu indigo. Cette cathédrale, un peu oubliée depuis l’Indépendance en 1956, connaît depuis l’an 2000 un certain renouveau. En effet, des expositions y sont régulièrement organisées, comme celle intitulée «CasaArt» en 2009, qui avait réuni des artistes renommés de diverses origines : Malika Agueznay, Ahlam Lemseffer, Abderahmane Ouardane, pour ne citer qu’eux. Tous voulaient témoigner leur attachement à ce joyau du patrimoine marocain.
|