Président du Festival de Casablanca
Violoniste d’exception, président de Tenor Group et de la fondation Tenor pour la culture, il adore mettre la main à la pâte et mener à bien les projets qui le passionnent. Farid Bensaïd, manager aux multiples facettes et artiste de talent est à nouveau « l’Homme » du Festival de Casablanca.
Quel est votre objectif pour cette seconde présidence ?
Offrir aux Casablancais un festival
à la hauteur de leurs exigences bien sûr ! À la différence des autres manifestations culturelles phares du Maroc, le festival de Casablanca est entièrement tourné vers ses habitants. Nous nous devons de leur proposer un divertissement original, véritable reflet de la pluralité des goûts de la métropole.
Le festival de Casablanca a-t-il une renommée équivalente à celle des autres manifestations hébergées par les différentes villes du pays ?
Comparer le festival de Casablanca avec un autre festival ne serait pas lui rendre justice. Sa dimension plus populaire (non populiste) fait que ses conditions de réussite sont différentes. Nous drainons chaque année 2 millions de spectateurs, avides d’amusements. On ne peut leur imposer quoi que ce soit. Les Casablancais aiment la grandeur, les spectacles de qualité et la différence. Faites l’erreur de ne pas leur offrir ce qu’ils veulent, la sanction est immédiate ! Il n’est pas rare qu’ils boudent carrément une scène qui ne leur plaît pas.
Pensez-vous offrir aux Casablancais un festival réussi cette année ?
Ce serait prétentieux de ma part de dire oui ! Et très éloigné de mes aspirations pour le festival. Nous avons un programme riche, avec des têtes d’affiche dans tous les genres et tous les styles. Mais nous voulons toujours faire plus. Cette année, nous avons eu l’idée d’offrir des « promenades artistiques »
aux Casablancais. Un parcours semé d’expositions, d’ateliers et de spectacles qui feront redécouvrir aux habitants les places phares de leur ville. Une manière de redonner vie au patrimoine architectural de la Ville Blanche, à travers l’art et le divertissement.
À quoi ressemblerait votre festival de Casablanca idéal ?
Dans un monde idéal, mon festival ne serait pas un simple rendez-vous périodique. Il se prolongerait toute l’année avec des rencontres récurrentes, des lieux cultes. Pour que cela puisse se concrétiser, deux conditions sont nécessaires. La première est d’avoir l’enveloppe budgétaire. Il serait alors possible de transformer vraiment la ville, de la faire grouiller de théâtres, d’opéras, de spectacles de rue… La seconde condition est un peu plus utopiste.
Il faudrait que les Casablancais s’approprient le festival, qu’ils en soient à la fois les gardiens jaloux et les vrais moteurs. Ils le pousseraient alors à devenir le plus grand rendez-vous artistique et culturel du pays.
Quelles sont les conditions requises pour être un bon président de festival ?
Les mêmes que pour réussir tout type de projet. S’investir à 100 %, aimer ce qu’on fait et être entièrement acquis à la cause du festival. Un bon président de festival doit aussi savoir s’entourer des bonnes personnes et les rallier à sa cause. Mais la condition principale sera toujours d’être passionné, d’y croire et d’y consacrer tout son temps !