Mohamed Merhari alias Momo
Président de l’EAC L’Boulevard
Restée SDF pendant plusieurs années l’association EAC L’Boulevard est en passe de terminer l’aménagement du Boultek, un nouveau lieu consacré aux musiques actuelles situé sur le pôle d’activités du Technopark.
Quand aura lieu l’ouverture du L’Boultek ?
L’ouverture se fera par étape. On va démarrer par la salle polyvalente où on organisera des petits concerts, la webradio et les studios de répétition. Le reste, c’est-à-dire les formations, va suivre après et on terminera par le studio d’enregistrement car c’est très lourd en équipement. En ce moment, on est en pleine recherche de fonds pour l’équipement, mais les travaux sont à 90% terminés. Donc il ne nous reste plus que 10% à faire pour ouvrir !
Y a-t-il une date précise prévue pour l’ouverture ?
Non, ce sera fin février mais nous allons faire des projections de tous les films qui sont passés pendant les festivals du documentaire musical dans la salle polyvalente pour les salariés du Tecnopark. Il y a 1 600 personnes qui travaillent ici. Nous allons organiser des projections pour eux pendant une semaine.
Vous êtes en pleine recherche de fond, où en êtes-vous ?
Pour commencer, on a déposé un dossier auprès de l’INDH ainsi qu’auprès de quelques fondations à l’étranger. Nous attendons les réponses. Bien sûr, j’espère que ça marchera, sinon on ira doucement, comme d’habitude. Mais quoi qu’il se passe, on va le faire, c’est juste que ça prendra peut-être un peu plus de temps.
Pouvez-vous nous parler de la webradio ?
C’est une radio qui va fonctionner comme une vraie radio, bien sûr avec des playlists musicales qui seront surtout axées sur les musiques et les cultures alternatives. Il y aura aussi des débats, des émissions, des chroniques… une vraie grille des programmes !
Ce sera un lieu complet avec salles de répétition, studio d’enregistrement…
L’idée du projet est de créer un lieu où seront réunis tous les moyens techniques utiles au processus de création, qui vont des répétitions à la diffusion en passant par la production, par la formation… Les groupes pourront répéter, faire des concerts, leur maquette ou leur album et être formés ici. On a deux salles de formation dédiées aux métiers du spectacles - ingénieur du son, éclairagiste, régisseur – et aux musiques traditionnelles - qui ne sont pas enseignées dans les conservatoires -, sur des instruments comme le ribab, le guembri… mais aussi des masters class et des workshops de musique assistée par ordinateur, basse, batterie, guitare, piano avec de grands musiciens.
Les gagnants du Tremplin (qui aura lieu cette année en mars) pourront enregistrer ici alors !
Oui, ce ne seront pas les seuls, le lieu est ouvert à tous, mais ils pourront répéter et enregistrer. La compilation des deux dernières éditions - les deux groupes gagnants par style sont allés enregistrer en studio - va sortir. Ils ont fait deux morceaux chacun et on va sortir une compilation avec ces douze groupes, ça fait 24 morceaux. On va également sortir l’album de Haoussa dont on est coproducteur. Après, on pourra faire ici les enregistrements des maquettes, des compilations.
En fait, économiquement on y gagnera un peu parce que ça coûte énormément cher. On pourra tout faire en interne, comme on l’a toujours fait d’ailleurs pour tout ce qui est com’.
Le Boultek est excentré, est-ce que ça ne peut pas être un inconvénient ?
Ca dépend de l’endroit où l’on se trouve ! Je ne pense pas parce que c’est très bien desservi ; il y a les bus, les taxis blancs et les taxis rouges. Et on ne peut pas tout concentrer sur le centre ville et puis il faut ouvrir des choses de l’autre côté de l’autoroute.